PlanEn bref :
- Cet article est pour vous si vous devez rédiger un PPSPS et cherchez un exemple concret, rubrique par rubrique.
- Vous découvrirez comment remplir chaque section : renseignements généraux, analyse des risques, mesures de prévention.
- Vous repartez avec une checklist de relecture et les erreurs à éviter avant envoi au coordonnateur SPS.
Vous cherchez un exemple de PPSPS rempli pour savoir concrètement quoi écrire dans chaque rubrique ? Vous êtes au bon endroit. Rédiger ce document peut sembler complexe quand on part d’une page blanche. L’objectif ici : vous montrer section par section à quoi ressemble un document correctement rédigé, basé sur un chantier réel.
Pour une vue d’ensemble du document et de ses obligations, consultez d’abord notre guide complet du PPSPS simplifié.
Structure type d’un PPSPS
Avant de plonger dans l’exemple, un rappel ultra-court. Le Code du travail (articles R4532-56 à R4532-74) impose quatre grandes rubriques :
- Renseignements généraux : identification du chantier, de l’entreprise, des intervenants et du coordonnateur SPS.
- Organisation des secours : numéros d’urgence, sauveteurs-secouristes, matériel de premiers soins.
- Analyse des risques : risques propres à votre activité, risques de coactivité avec les autres lots, risques liés au site.
- Mesures de prévention : protections collectives, EPI, modes opératoires sécurisés, installations d’hygiène.
Chaque rubrique doit être adaptée à votre métier et à votre chantier. C’est toute la différence entre un document générique (qui sera renvoyé) et un document validé du premier coup. Voyons cela en pratique.
Retenez le principe : le coordonnateur SPS veut voir que vous avez analysé les risques de VOTRE lot, pas que vous avez copié-collé un modèle standard.
Exemple de rédaction : renseignements généraux
Pour illustrer concrètement, nous utilisons un chantier réel : la construction du centre animalier de l’Éperon à Saint-Paul (La Réunion). Opération de 2ème catégorie, 12 lots, coordination SPS obligatoire. Nous nous positionnons comme le titulaire du lot n°3 : Gros-œuvre — Revêtements durs.
Voici comment remplir la section « renseignements généraux » de votre PPSPS :
- Maître d’ouvrage : TCO — 3, Rue E. LAUDE — 97420 LE PORT.
- Maître d’œuvre : ALTITUDE 80 — 27bis Rue Alice Peverelly — 97410 Saint-Pierre.
- Coordonnateur SPS : PREVENTIO — 29, Rue des Bonites — 97434 Saint-Gilles.
- Nature du projet : Construction d’un centre animalier — catégorie 2.
- Entreprise titulaire : XYZ CONSTRUCTION — lot n°3 Gros-œuvre / Revêtements durs.
- Effectif prévu : 8 à 12 compagnons selon les phases, 1 conducteur de travaux permanent, 1 chef d’équipe.
- Durée d’intervention : 6 mois, avec démarrage prévu selon planning du coordonnateur.
- Sous-traitants identifiés : ferrailleur, coffreur spécialisé, pompage béton.
Le marché est organisé en 12 lots distincts : VRD, aménagements paysagers, gros-œuvre, charpente–couverture, électricité, plomberie, ventilation, menuiseries, métallerie, cloisons et peintures. En tant que lot gros-œuvre, vous gérez aussi les installations communes pour l’ensemble des intervenants — votre PPSPS a donc un rôle central dans la coordination générale du projet.
Exemple de rédaction : analyse des risques
C’est LA section qui fait la différence. Le coordonnateur SPS veut voir que vous avez identifié les risques de VOTRE lot — pas une liste générique copiée d’internet. 📋
Risques propres au gros-œuvre
Pour notre chantier du centre animalier, voici les risques spécifiques au lot gros-œuvre que nous détaillons dans le PPSPS. Chaque risque est lié à une activité concrète du chantier :
- Chutes de hauteur : travaux sur dalle R+1 et R+2, coffrages en élévation, accès toiture-terrasse. Premier risque mortel dans le BTP selon l’INRS.
- Projections de béton : coulages de dalles et voiles, utilisation de pompe à béton.
- Manutention lourde : banches de coffrage (250 à 500 kg), éléments préfabriqués, ferraillage.
- Risques chimiques : adjuvants béton, huiles de décoffrage, poussières de ciment.
- Vibrations : aiguilles vibrantes pour le béton, marteaux-piqueurs pour démolition partielle.
- Contraintes posturales : ferraillage au sol, pose de coffrage en position basse prolongée.
Risques de coactivité avec les autres lots
Le PGC SPS identifie les risques d’interférence entre lots. Votre document doit les reprendre et détailler comment vous les gérez concrètement. Ignorer une interface identifiée dans le PGC SPS constitue une faille majeure :
- Interface VRD (lot 1) : coordination terrassements/fondations, évacuation eaux de ruissellement pendant les coulages, protection des réseaux existants.
- Interface charpente-couverture (lot 4) : préparation des ancrages dans les voûtes béton, protection de la dalle pendant pose charpente, coordination planning (séchage béton avant charge).
- Interface lots techniques (5, 6, 7) : réservations dans les voûtes pour passages techniques, coordination saignées/percements après coulage, protection gaines provisoires.
Concrètement, si le PGC SPS identifie un risque d’interférence entre gros-œuvre et charpente, votre PPSPS doit obligatoirement traiter cette interface. L’oublier, c’est s’exposer à un renvoi immédiat du document.
Risques liés au site
Le PGC SPS impose aussi des contraintes liées au site. Votre document doit les intégrer :
- Accès unique via la RD10 : portail fermant à clé, plan de circulation à soumettre au coordonnateur SPS.
- Maintien propreté des voiries publiques : balayage et lavage quotidien obligatoire, autorisation gestionnaire voirie à obtenir.
- Véhicules de secours : accès libre en permanence — ne jamais bloquer l’entrée avec une toupie béton ou un engin de levage.
- Équipements obligatoires véhicules : klaxon de recul + gyrophare pour tous les engins circulant sur site.
Exemple de rédaction : mesures de prévention
Pour chaque risque identifié, votre PPSPS doit décrire les mesures concrètes que vous mettez en œuvre. Le coordonnateur SPS veut des actions vérifiables sur le terrain, pas des intentions vagues. ⚠️
Protections collectives
Le PGC SPS impose un principe clair : « protections collectives mises en œuvre avant l’apparition du risque ». Voici comment le gros-œuvre le traduit sur notre chantier :
- Garde-corps provisoires dès R+1 (installés avant coulage de la dalle supérieure).
- Filets de sécurité sur le périmètre bâtiment pendant l’élévation des murs.
- Protections trémies d’escalier posées immédiatement après percement.
- Balisage zones de coulage béton : interdiction de passage pendant 48h après coulage.
- Casquettes et auvents temporaires contre les chutes de matériaux sur les zones de circulation en contrebas.
Équipements de protection individuelle (EPI)
Le PGC SPS impose une base : chaussures de sécurité + vêtement signalisation classe 2. Votre document complète avec les EPI spécifiques au gros-œuvre :
- Gants anti-coupure pour manipulation du ferraillage.
- Lunettes de protection pour les postes de découpe et meulage.
- Masque P3 lors des coulages béton (émissions de poussières de ciment).
- Harnais classe A pour les travaux en toiture-terrasse.
- Casque isolant électrique 1000V en proximité des réseaux enterrés.
- Vêtement signalisation classe 3 pour les interventions de nuit (si autorisées par le PGC SPS).
Modes opératoires sécurisés
Le PGC SPS autorise les livraisons entre 7h et 17h en semaine. Votre document adapte cette contrainte aux opérations béton. C’est un bon exemple de traduction concrète :
- Coulages béton planifiés 8h-16h maximum (marge sécurité 1h avant fermeture du créneau).
- Commande toupies avec marge de 1h pour absorber les retards de livraison.
- Plan B identifié : centrale béton de secours en cas de défaillance du fournisseur principal.
- Coordination avec lot VRD pour le guidage des toupies sur site et le respect du plan de circulation.
- Personnel d’astreinte jusqu’à 18h si un coulage est en cours à la fin du créneau.
Organisation des secours adaptée
Votre document reprend l’organisation générale du PGC SPS. L’enjeu : que chaque compagnon sache quoi faire en cas d’accident, y compris depuis les niveaux en construction :
- Numéros d’urgence : 18 (Pompiers), 15 (SAMU), 17 (Police) — affichés à chaque niveau.
- Point de rassemblement : entrée chantier sur RD10.
- Sauveteur-secouriste : 1 pour 10 personnes minimum, portant un casque spécialement marqué pour être identifiable.
- Évacuation depuis niveaux en construction : par grue de chantier si nécessaire (procédure détaillée dans le PPSPS).
- Trousse de secours BTP renforcée à chaque niveau : immobilisation chutes de hauteur, rinçage oculaire pour projections béton.
Installations d’hygiène et conditions de travail
En tant que lot gros-œuvre, vous concevez les installations communes selon les exigences du PGC SPS. C’est une responsabilité particulière qui doit apparaître clairement :
- Vestiaires modulaires : 25 m², armoires double compartiment, bancs — pour l’ensemble des intervenants.
- Réfectoire : 25 m², tables imperméables, réfrigérateur, micro-ondes, point d’eau.
- Sanitaires : WC traditionnels raccordés à fosse étanche (WC chimiques proscrits par le PGC SPS).
- Point de nettoyage outils : bac de décantation pour résidus béton, évitant la pollution des réseaux tout en facilitant l’entretien du matériel.
Erreurs fréquentes dans la rédaction d’un PPSPS
Après avoir vu un exemple complet, voici les erreurs qui provoquent le plus souvent un renvoi. Évitez-les et vous gagnerez des semaines. 🎯
- Analyse des risques générique : copier-coller une liste standard sans mentionner votre chantier ni vos interfaces. Motif de renvoi numéro 1 (et c’est souvent là que ça coince).
- Contradictions avec le PGC SPS : prévoir des coulages hors créneaux autorisés, ignorer une zone interdite, proposer des protections incompatibles avec les autres lots.
- Oubli des interfaces entre lots : le PGC SPS identifie un risque d’interférence et votre PPSPS ne le traite pas. Le coordonnateur SPS le verra immédiatement.
- Mesures de prévention vagues : écrire « les EPI seront fournis » sans préciser lesquels ni pour quels postes. Le coordonnateur veut du concret.
- Informations générales incomplètes : oublier les sous-traitants, ne pas préciser l’effectif par phase, ne pas identifier le sauveteur-secouriste par son nom.
- Document non mis à jour : réutiliser celui du chantier précédent sans l’adapter. Dates, noms, risques du site doivent correspondre à CE chantier.
Pour savoir précisément quand rédiger un PPSPS et dans quels délais le transmettre au coordonnateur, consultez notre article dédié.
Checklist de relecture avant envoi
Avant de transmettre votre document au coordonnateur SPS, passez en revue chaque point. Sur notre exemple, le délai de remise est de 20 jours avant intervention. Ne laissez pas la relecture au dernier moment. 📋
- Renseignements généraux complets : coordonnées projet, entreprise, effectif par phase, sous-traitants, planning d’intervention. ✅
- Organisation des secours adaptée : numéros d’urgence, sauveteur-secouriste identifié par son nom, matériel de premiers soins à chaque niveau. ✅
- Analyse des risques spécifique : risques métier, risques de coactivité, risques liés au site — tous traités avec des mesures concrètes. ✅
- Mesures de prévention concrètes : protections collectives, EPI détaillés par poste, modes opératoires sécurisés avec créneaux horaires. ✅
- Cohérence avec le PGC SPS : aucune contradiction sur les horaires, zones de circulation, protections collectives, interfaces entre lots. ✅
- Installations d’hygiène conformes : vestiaires, réfectoire, sanitaires, point de nettoyage — dimensionnés selon le PGC SPS. ✅
- Documents joints : avis médecin du travail, liste personnel habilité, certificats de vérification des équipements de levage. ✅
L’outil en ligne Mon PPSPS de l’OPPBTP peut aussi vous aider. Plus de 96 000 documents y ont été rédigés par 28 000 entreprises.
Conclusion
En suivant cet exemple — analyse du PGC SPS, adaptation métier, vérification croisée — vous produisez un document validable du premier coup. Plus qu’une formalité administrative, c’est un outil de pilotage de la sécurité sur votre chantier. 🏗️
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Découvrir le produitArticle mis à jour le 12 avril 2026.
Par où commencer la rédaction d'un PPSPS ?
Commencez par récupérer le PGC SPS auprès du coordonnateur. Lisez-le intégralement, puis extrayez les renseignements généraux du chantier (coordonnées, lots, contraintes). Complétez avec vos données d’entreprise (effectif, sous-traitants, planning). Cette base constitue la section 1 de votre PPSPS.
Combien de pages fait un PPSPS ?
Il n’y a pas de nombre de pages imposé. En pratique, un PPSPS complet pour un lot de gros-œuvre sur un chantier de catégorie 2 fait entre 15 et 25 pages. L’important n’est pas la longueur mais la pertinence : chaque risque identifié doit avoir sa mesure de prévention concrète.
L'analyse des risques peut-elle être générique ?
Non. C’est le premier motif de renvoi par le coordonnateur SPS. Votre analyse doit citer les risques spécifiques à votre lot, à votre chantier et aux interfaces avec les autres entreprises. Un copier-coller d’un ancien PPSPS sera immédiatement repéré.
Faut-il joindre des annexes au PPSPS ?
Oui, plusieurs documents sont attendus : avis du médecin du travail, liste du personnel habilité (CACES, habilitations électriques), certificats de vérification des équipements de levage, et fiches techniques des principaux équipements. Ces annexes renforcent la crédibilité de votre document.
Comment présenter les mesures de prévention ?
Pour chaque risque identifié, décrivez la mesure concrète, le responsable de sa mise en œuvre et le moyen de vérification. Exemple : risque de chute de hauteur → garde-corps provisoires installés avant coulage dalle → vérification quotidienne par le chef d’équipe. Le coordonnateur SPS veut du vérifiable.
Quel est le délai pour transmettre le PPSPS ?
Le délai est fixé dans le PGC SPS. En général, il est de 15 à 30 jours avant le début de votre intervention sur le chantier. Sur notre exemple, le délai était de 20 jours. Ne laissez pas la rédaction au dernier moment — prévoyez aussi le temps de relecture et d’éventuelles corrections.
Que se passe-t-il si le coordonnateur SPS refuse le PPSPS ?
Le coordonnateur vous renvoie le document avec ses observations. Vous devez corriger les points soulevés et retransmettre une version révisée. En attendant la validation, vous n’êtes pas autorisé à intervenir sur le chantier. D’où l’intérêt de soigner la première version.











