En bref :
- Cet article est pour vous si vous êtes carreleur ou solier et devez rédiger un PPSPS pour votre lot.
- Vous identifierez les 5 risques majeurs du métier : TMS, colles/résines, poussières de silice, glissades et coupures.
- Vous repartirez avec une structure claire et un exemple terrain prêt à adapter.
Le PPSPS revêtement de sol (Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé) est le document qui traduit votre maîtrise des risques propres à la pose de carrelage, de sols souples et de résines sur chantier. Travail à genoux prolongé, colles à base d’isocyanates, découpe de carrelage générant des poussières de silice : votre quotidien concentre des dangers que les PPSPS génériques ne couvrent pas. Ce guide complet vous aide à rédiger un document solide et conforme, parfaitement adapté à vos interventions de carreleur ou de solier sur chantier neuf ou en rénovation. 📋
Les risques spécifiques du carreleur et du solier
Votre métier combine des expositions ergonomiques, chimiques et mécaniques souvent sous-estimées par les donneurs d’ordre. Avant de rédiger, posez-vous la question : quels dangers sont propres à mon lot et absents du PGC ? Voici donc les cinq familles de risques à traiter en priorité dans votre PPSPS revêtement de sol.
Troubles musculosquelettiques (TMS)
C’est le risque n° 1 de la profession. Le travail à genoux représente entre 50 et 70 % de votre temps sur chantier. En pratique, la pose de carrelage, le ragréage, le collage de dalles souples — tout se fait au sol. Les genoux, le dos et les épaules encaissent des contraintes répétées jour après jour. Selon l’INRS, les TMS représentent plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues en France. ⚠️
Concrètement, votre PPSPS doit détailler les moyens de prévention : genouillères professionnelles (conformes EN 14404), tapis de travail, rotation des postures (alterner genoux/debout), et organisation des approvisionnements pour limiter le port de charges. Par exemple, un carreleur qui pose 30 m² de faïence murale dans une salle de bain travaille debout — c’est l’occasion de soulager les genoux après une matinée de pose au sol.
Exposition aux colles et résines (COV, isocyanates)
Les colles de revêtement souple, les résines époxy et les mastics contiennent des COV (Composés Organiques Volatils) et des isocyanates. En espace confiné — une petite pièce sans ventilation, un sous-sol fermé —, les concentrations montent rapidement. Par conséquent, votre PPSPS doit lister chaque produit utilisé, sa fiche de données de sécurité (FDS) et les mesures de protection : ventilation mécanique, masque à cartouche A2, gants chimiques. 🛡️
De plus, les isocyanates (présents dans certaines colles PU et résines de sol) provoquent des asthmes professionnels irréversibles. Concrètement, une exposition répétée sans protection respiratoire peut sensibiliser les voies respiratoires en quelques mois seulement. En pratique, c’est un risque que le coordonnateur SPS prend très au sérieux. Ainsi, votre PPSPS doit identifier chaque produit contenant des isocyanates et prévoir un masque A2P2 pour l’applicateur et une ventilation obligatoire du local pendant et après l’application.
Poussières de silice (découpe de carrelage)
La découpe de carrelage, de grès cérame et de faïence génère des poussières contenant de la silice cristalline — un cancérogène reconnu. La VLEP est fixée à 0,05 mg/m³ sur 8 heures. En pratique, une carrelette électrique sans aspiration dépasse ce seuil en quelques minutes de découpe intensive. Par conséquent, votre PPSPS doit prévoir une découpe à l’eau ou sous aspiration, un masque P2 minimum et une ventilation du poste de travail.
Imaginez un chantier de 200 m² de grès cérame avec 15 % de coupes. Sans aspiration, vos 3 carreleurs et les compagnons des lots voisins respirent de la silice pendant toute la durée de la pose. Ainsi, votre PPSPS doit imposer un poste de découpe isolé et ventilé — idéalement à l’extérieur ou dans un local dédié.
Glissades (surfaces humides, ragréage frais)
Les surfaces sur lesquelles vous travaillez sont souvent rendues glissantes par le ragréage frais, l’eau de découpe ou la colle renversée. En pratique, les chutes de plain-pied sont la troisième cause d’accident chez les poseurs de sol. Par conséquent, votre PPSPS doit prévoir des chaussures antidérapantes (S3), un nettoyage régulier de la zone de travail et un balisage des zones humides.
Coupures (outils de coupe, éclats de carrelage)
Carrelette manuelle, disqueuse, couteau à enduire : vos outils coupants sont utilisés en permanence. De plus, les éclats de carrelage lors de la découpe sont tranchants comme du verre. Concrètement, votre PPSPS doit prévoir des gants anti-coupure pour la manutention des carreaux découpés et des lunettes anti-projection pour la découpe au disque. En pratique, les coupures aux doigts sont le premier motif d’arrêt de travail chez les carreleurs.
Retenez le principe : un PPSPS revêtement de sol crédible traite ces cinq familles en détail. Un document générique sera systématiquement renvoyé — surtout pour un métier où les TMS et la silice sont des sujets de santé publique.
EPI et protections collectives adaptées
Chaque risque identifié appelle une protection spécifique. Voici donc les EPI et protections collectives à prévoir pour un lot revêtement de sol.
- Genouillères professionnelles (EN 14404) — obligatoires pour tout travail au sol prolongé. En pratique, choisissez des modèles avec coque rigide et rembourrage gel pour une protection durable.
- Masque P2 anti-silice — pour toute découpe de carrelage ou grès cérame. De plus, prévoyez un masque A2 pour l’application de colles et résines à base de solvants.
- Gants chimiques — pour la manipulation des colles PU, résines époxy et mastics. Concrètement, choisissez des gants nitrile résistants aux isocyanates. 📋
- Lunettes anti-projection — pour la découpe au disque. En effet, les éclats de grès cérame sont aussi tranchants que du verre.
- Ventilation mécanique — pour les locaux fermés lors de l’application de colles ou résines. Par conséquent, prévoyez un extracteur d’air si le local ne dispose pas de ventilation naturelle suffisante.
Modes opératoires à décrire
Le coordonnateur SPS attend des modes opératoires précis. Voici donc les étapes clés à détailler dans votre PPSPS revêtement de sol.
- Préparation du support — ragréage, ponçage, nettoyage. En pratique, décrivez les produits utilisés et les EPI associés. Le ragréage génère des poussières fines — masque P2 obligatoire. 📋
- Découpe des matériaux — carrelette, disqueuse, scie à eau. Poste de découpe isolé, aspiration ou découpe à l’eau obligatoire. De plus, lunettes et gants pour la manipulation des pièces coupées.
- Encollage et pose — application de la colle, positionnement des carreaux ou lés. Ventilation obligatoire si colle à base de solvants. Concrètement, décrivez le temps de ventilation après application.
- Jointement et finitions — application du joint, nettoyage. En pratique, le jointement époxy nécessite des gants chimiques spécifiques (résistance aux amines).
- Nettoyage et évacuation des déchets — tri des chutes de carrelage (benne inertes), des emballages de colle (déchets dangereux si isocyanates). Ainsi, prévoyez deux bennes séparées. ✅
Structure de votre PPSPS revêtement de sol
Votre PPSPS s’organise autour de 4 rubriques adaptées au métier. Consultez notre exemple de PPSPS rempli pour la structure complète.
- Renseignements généraux — identification, effectif, qualifications (formation silice, formation risques chimiques si résines époxy).
- Analyse des risques — les 5 familles ci-dessus, adaptées au chantier. En pratique, un sol souple en PVC n’a pas les mêmes risques qu’un carrelage en grès cérame.
- Mesures de prévention — EPI, protections collectives, modes opératoires. Concrètement, chaque risque a sa mesure en face.
- Organisation des secours — numéros d’urgence, SST dans l’équipe, trousse de premiers soins, rince-œil pour les projections de colle.
Pour adapter votre document, partez de notre modèle PPSPS par métier. En pratique, le modèle carreleur couvre les risques standards — personnalisez-le avec les spécificités du chantier (type de sol, produits chimiques utilisés).
Exemple terrain
Le chantier
Vous êtes lot revêtements de sol sur un EHPAD neuf : 2 500 m² de sol souple PVC dans les chambres et circulations, 400 m² de grès cérame dans les sanitaires et cuisines. Le chantier compte 7 lots, 14 mois de travaux. Votre intervention dure 8 semaines avec une équipe de 5 poseurs (3 soliers, 2 carreleurs). Concrètement, le coordonnateur SPS attend votre PPSPS revêtement de sol 8 jours avant le démarrage de votre lot.
Votre analyse des risques
- TMS — 2 500 m² de sol souple = 5 semaines à genoux. Par conséquent, genouillères EN 14404 pour tous, rotation des postures, tapis de travail. De plus, alternance sol souple (genoux) / faïence murale (debout) chaque demi-journée. 🏗
- COV — colle PVC en tubes (faible émission) + colle PU pour les zones humides. Concrètement, ventilation mécanique dans chaque chambre pendant l’encollage. Masque A2 pour l’application de la colle PU.
- Silice — 400 m² de grès cérame avec 20 % de coupes. En pratique, poste de découpe à l’eau installé dans la cour. Masque P2 pour le carreleur au poste de découpe.
- Glissades — ragréage dans les circulations (surfaces humides). Ainsi, balisage systématique des zones en cours de ragréage. Chaussures antidérapantes S3 pour tous.
- Coupures — découpe de carrelage et manipulation de chutes. En effet, gants anti-coupure pour toute manipulation de pièces découpées. ✅
Ce PPSPS revêtement de sol, transmis au coordonnateur SPS avant votre intervention, démontre que vous maîtrisez vos risques spécifiques. En pratique, un document aussi structuré passe la validation du premier coup. De plus, il vous protège en cas de contrôle de l’inspection du travail — chaque mesure est tracée et justifiée.
En résumé : un PPSPS revêtement de sol solide se construit risque par risque, poste par poste. Le coordonnateur SPS ne veut pas un roman — il veut la preuve que vous avez compris vos dangers et prévu vos parades.
Checklist avant transmission
- PGC lu et intégré — risques complémentaires, pas de doublons.
- FDS jointes — pour chaque colle, résine et mastic utilisé.
- Poste de découpe décrit — localisation, aspiration ou eau, EPI.
- EPI référencés — modèle, norme, date de contrôle.
- Modes opératoires détaillés — étape par étape.
- Organisation secours — SST, rince-œil, numéros urgence.
Pour un guide complet, consultez notre guide du PPSPS simplifié. Le PPSPS peinture partage les risques COV et de ponçage. De même, le PPSPS plâtrerie traite les risques silice communs au second œuvre.
Modèle PPSPS Revêtement de sol Word
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Dernière mise à jour : juillet 2026
Mon sous-traitant carreleur doit-il aussi rédiger un PPSPS ?
Oui, chaque entreprise intervenant sur un chantier soumis à coordination SPS doit rédiger son propre PPSPS. Votre sous-traitant carreleur ou solier doit produire un document couvrant ses risques spécifiques.
Quels risques spécifiques dois-je mentionner dans mon PPSPS revêtement de sol ?
Les 5 risques principaux sont : troubles musculosquelettiques (travail à genoux prolongé, port de charges), exposition aux colles et résines (COV, isocyanates), poussières de silice (découpe carrelage, VLEP 0,05 mg/m³), glissades (ragréage frais, surfaces humides), et coupures (éclats de carrelage).
Les genouillères sont-elles obligatoires pour le carreleur ?
Votre PPSPS doit prévoir des genouillères conformes EN 14404 pour tout travail au sol prolongé. Les TMS du genou sont la première cause de maladie professionnelle chez les carreleurs. Les genouillères avec coque rigide et rembourrage gel offrent la meilleure protection.
Les poussières de découpe de carrelage contiennent-elles de la silice ?
Oui. Le grès cérame et la faïence contiennent de la silice cristalline cancérogène. La VLEP est de 0,05 mg/m³. Votre PPSPS doit prévoir une découpe à l’eau ou sous aspiration et un masque P2 minimum.
Les colles PU et résines époxy sont-elles dangereuses ?
Oui. Les colles polyuréthane contiennent des isocyanates qui provoquent des asthmes professionnels irréversibles. Les résines époxy sont sensibilisantes. Votre PPSPS doit lister chaque produit avec sa FDS et prévoir ventilation et masque A2.
Comment gérer le poste de découpe dans le PPSPS ?
Prévoyez un poste de découpe isolé et ventilé — idéalement à l’extérieur ou dans un local dédié. La découpe à l’eau est la meilleure protection contre les poussières de silice. Si une carrelette sèche est utilisée, aspiration à la source obligatoire.
Le PPSPS revêtement de sol est-il le même pour le carreleur et le solier ?
Le template est identique mais les risques diffèrent. Le carreleur est davantage exposé à la silice (découpe grès cérame) et aux TMS du genou. Le solier est plus exposé aux COV des colles souples et au risque de glissade. Adaptez votre PPSPS au type de revêtement posé.





