En bref :
- Cet article est pour vous si vous êtes paysagiste et devez rédiger un PPSPS pour votre lot.
- Vous identifierez les 5 risques majeurs du métier : coupures machines, produits phytosanitaires, piqûres et tiques, engins et conditions climatiques.
- Vous repartirez avec une structure claire et un exemple terrain prêt à adapter.
Le PPSPS espaces verts (Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé) est le document qui traduit votre maîtrise des risques propres aux travaux paysagers sur chantier. Tronçonneuse, débroussailleuse, engins de terrassement, exposition au soleil et aux tiques : votre quotidien concentre des dangers que les PPSPS génériques ne couvrent pas. Ce guide complet vous aide à rédiger un document solide et conforme, parfaitement adapté à vos interventions de paysagiste sur chantier neuf ou en réhabilitation. 📋
Les risques spécifiques du paysagiste
Votre métier se distingue des autres corps de métier du BTP par une exposition permanente aux conditions extérieures et aux outils de coupe motorisés. Avant de rédiger, posez-vous la question : quels dangers sont propres à mon lot et absents du PGC ? Voici donc les cinq familles de risques à traiter en priorité dans votre PPSPS espaces verts.
Coupures et projections (tronçonneuse, débroussailleuse, taille-haie)
C’est le risque mécanique le plus grave de la profession. En effet, la tronçonneuse est l’un des outils les plus dangereux du BTP — un recul de chaîne (kick-back) peut causer des blessures mortelles en une fraction de seconde. En pratique, la débroussailleuse projette des cailloux et des éclats de bois à plus de 100 km/h. Par conséquent, votre PPSPS doit détailler chaque outil motorisé utilisé et les EPI obligatoires associés. ⚠️
Concrètement, un paysagiste qui abat un arbre de 8 m à proximité d’une zone de travaux doit prévoir un périmètre de sécurité, une direction de chute planifiée et un protocole de communication avec les autres lots. De plus, la zone de projection de la débroussailleuse (15 m minimum) doit être balisée et interdite aux piétons.
Exposition aux produits phytosanitaires
Même si leur usage est de plus en plus restreint par la réglementation, certains chantiers nécessitent encore des traitements herbicides ou insecticides. En pratique, l’exposition se fait par trois voies : voie cutanée (contact avec les feuilles traitées), inhalation (pulvérisation) et ingestion (mains souillées). Par conséquent, votre PPSPS doit lister chaque produit utilisé, sa fiche de données de sécurité et les mesures de protection : gants nitrile, combinaison de pulvérisation, masque A2P3, lunettes étanches.
De plus, prévoyez un point d’eau pour le lavage des mains et une zone de décontamination. En effet, les délais de réentrée après traitement (temps minimum avant de retourner sur la zone traitée) doivent figurer dans votre PPSPS pour protéger vos compagnons et les autres lots.
Piqûres et morsures (insectes, tiques — maladie de Lyme)
Le travail en extérieur dans la végétation expose vos équipes aux piqûres d’insectes (guêpes, frelons) et aux morsures de tiques. En pratique, les tiques transmettent la maladie de Lyme (borréliose), une infection potentiellement invalidante. Par conséquent, votre PPSPS doit prévoir des vêtements couvrants (manches longues, pantalon rentré dans les chaussettes), un répulsif anti-tiques et une inspection corporelle en fin de journée. 🛡️
Concrètement, sur un chantier de création paysagère en lisière de forêt, le risque de tiques est maximal entre avril et novembre. Ainsi, votre document doit identifier les zones à risque et les mesures préventives. En pratique, prévoyez aussi un tire-tique dans la trousse de premiers soins et une procédure de signalement en cas de piqûre.
Risques liés aux engins (mini-pelle, tondeuse autoportée, broyeur)
Les engins de chantier paysager génèrent des risques graves. En effet, mini-pelle, chargeur, tondeuse autoportée et broyeur de végétaux exposent à des risques d’écrasement, de renversement et de happement. En pratique, le broyeur de végétaux est particulièrement dangereux — un membre happé par la trémie d’alimentation ne peut pas être retiré. Par conséquent, votre PPSPS doit prévoir les CACES obligatoires pour chaque conducteur. De plus, définissez les zones d’exclusion autour des engins et les procédures d’arrêt d’urgence. Concrètement, interdisez toute présence dans le rayon d’action de la mini-pelle pendant le terrassement.
Conditions climatiques (chaleur, UV, intempéries)
Vous travaillez en extérieur toute l’année. En été, le coup de chaleur est un risque mortel. La température ressentie peut dépasser 40 °C sur un chantier sans ombre. En pratique, l’INRS recommande des pauses régulières et un accès permanent à l’eau fraîche. De plus, l’exposition prolongée aux UV augmente le risque de cancer de la peau. Par conséquent, votre PPSPS doit prévoir des horaires aménagés en période de canicule. Concrètement : eau potable en quantité suffisante (3 litres par personne et par jour), zones d’ombre et crème solaire mise à disposition.
Retenez le principe : un PPSPS espaces verts crédible traite ces cinq familles en détail. Un document générique sera renvoyé — surtout pour un métier exposé aux aléas naturels autant qu’aux risques mécaniques.
EPI et protections collectives adaptées
Chaque risque identifié appelle une protection spécifique. Voici donc les EPI et protections collectives à prévoir pour un lot espaces verts.
- Jambières anti-coupure tronçonneuse — conformes EN 381-5, obligatoires pour toute utilisation de tronçonneuse. En pratique, elles arrêtent la chaîne en moins d’une seconde en cas de contact.
- Visière grillagée + protections auditives — casque forestier complet pour l’abattage et le débroussaillage. De plus, les protections auditives sont obligatoires au-delà de 85 dB (tronçonneuse : 105 dB). 📋
- Gants anti-vibration — pour limiter le syndrome vibratoire main-bras lors de l’utilisation prolongée d’outils motorisés (débroussailleuse, taille-haie).
- Vêtements haute visibilité — obligatoires sur tout chantier BTP. Concrètement, choisissez des modèles manches longues pour la double protection visibilité + tiques.
- Protection solaire — crème SPF 50, chapeau à large bord, lunettes de soleil UV400. Par conséquent, votre PPSPS doit prévoir la mise à disposition de ces protections en période estivale.
Modes opératoires à décrire
Le coordonnateur SPS attend des modes opératoires précis. Voici donc les étapes clés à détailler dans votre PPSPS espaces verts.
- Reconnaissance du site et repérage — réseaux enterrés (DICT obligatoire avant terrassement), arbres à abattre, zones protégées, présence de nids de guêpes ou frelons. 📋
- Abattage et élagage — périmètre de sécurité, direction de chute, communication avec les autres lots. En pratique, décrivez la méthode d’abattage et le matériel utilisé.
- Terrassement et modelage — mini-pelle, chargeur. CACES R482 obligatoire. De plus, décrivez les zones d’exclusion et la procédure en cas de découverte de réseau.
- Plantations et engazonnement — manutention de mottes et arbres, risques ergonomiques. Concrètement, prévoyez des moyens mécaniques pour les arbres de plus de 100 kg.
- Broyage et évacuation des déchets verts — broyeur avec grille de protection, zone d’alimentation balisée. En effet, interdisez formellement l’introduction des végétaux à la main dans la trémie. ✅
Structure de votre PPSPS espaces verts
Votre PPSPS s’organise autour de 4 rubriques adaptées au métier. Consultez notre exemple de PPSPS rempli pour la structure complète.
- Renseignements généraux — identification, effectif, qualifications (CACES R482 engins, certification phytosanitaire Certiphyto si produits utilisés, formation tronçonneuse).
- Analyse des risques — les 5 familles ci-dessus, adaptées au chantier. En pratique, un chantier de création paysagère n’a pas les mêmes risques qu’un entretien courant.
- Mesures de prévention — EPI, protections collectives, modes opératoires. Concrètement, chaque risque a sa mesure en face.
- Organisation des secours — numéros d’urgence, SST, trousse de premiers soins (avec tire-tique et antihistaminique), procédure canicule.
Pour adapter votre document, partez de notre modèle PPSPS par métier. En pratique, le modèle paysagiste couvre les risques standards — personnalisez-le avec les spécificités du chantier : arbres à abattre, engins utilisés, saison d’intervention et présence de zones à risque biologique.
Exemple terrain
Le chantier
Vous êtes lot aménagement paysager sur un groupe scolaire neuf : 3 000 m² d’espaces verts, 40 arbres à planter, 200 m de haies, 1 500 m² d’engazonnement. Le chantier compte 6 lots, 14 mois de travaux. Votre intervention dure 4 semaines avec une équipe de 5 paysagistes qualifiés (3 ouvriers, 1 chef d’équipe, 1 conducteur d’engins). Concrètement, le coordonnateur SPS attend votre PPSPS espaces verts 8 jours avant le démarrage de votre lot. En pratique, l’intervention en phase finale du chantier signifie que vous intervenez après le gros œuvre et les VRD — les risques d’interférence avec les autres lots sont donc nombreux et variés.
Votre analyse des risques
- Coupures — 3 tronçonneuses et 2 débroussailleuses utilisées pendant 2 semaines. Jambières anti-coupure obligatoires. Périmètre de sécurité 15 m autour de chaque opérateur. 🏗
- Phytosanitaires — traitement herbicide pré-plantation sur 500 m². En pratique, Certiphyto obligatoire pour l’applicateur. Combinaison, gants nitrile, masque A2P3. Délai de réentrée 24h affiché.
- Tiques — chantier en zone périurbaine boisée, intervention juin-juillet. Par conséquent, vêtements couvrants, répulsif, inspection corporelle quotidienne. Tire-tique en trousse de secours.
- Engins — mini-pelle 3,5 t pour le terrassement (CACES R482 cat. A). De plus, broyeur de végétaux avec grille de protection et zone d’alimentation balisée à 3 m.
- Chaleur — intervention estivale. Ainsi, horaires aménagés (6h-13h en période canicule), eau fraîche distribuée toutes les 20 minutes, zone d’ombre installée. ✅
Ce PPSPS espaces verts, transmis avant votre intervention, démontre que vous maîtrisez les risques d’un métier où les aléas naturels s’ajoutent aux risques mécaniques. En pratique, un document aussi structuré passe la validation du premier coup et vous protège en cas de contrôle.
En résumé : un PPSPS espaces verts solide se construit risque par risque, saison par saison. Le coordonnateur SPS ne veut pas un roman — il veut la preuve que vous avez anticipé les dangers spécifiques de votre métier en extérieur.
Checklist avant transmission
- PGC lu et intégré — risques complémentaires, pas de doublons.
- DICT vérifiée — plans de réseaux reçus avant terrassement.
- Qualifications listées — CACES, Certiphyto, formation tronçonneuse.
- FDS jointes — pour chaque produit phytosanitaire utilisé.
- Modes opératoires détaillés — abattage, broyage, terrassement.
- Organisation secours — SST, tire-tique, procédure canicule.
Pour un guide complet, consultez notre guide du PPSPS simplifié. Le PPSPS maçonnerie traite les interfaces terrassement–gros œuvre. De même, le PPSPS étanchéité partage les risques liés au travail en extérieur.
Modèle PPSPS Espaces verts Word
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Dernière mise à jour : juillet 2026
Mon sous-traitant paysagiste doit-il aussi rédiger un PPSPS ?
Oui, chaque entreprise intervenant sur un chantier soumis à coordination SPS doit rédiger son propre PPSPS. Votre sous-traitant paysagiste doit produire un document couvrant ses risques spécifiques : tronçonneuse, engins, produits phytosanitaires.
Quels risques spécifiques dois-je mentionner dans mon PPSPS espaces verts ?
Les 5 risques principaux sont : coupures et projections (tronçonneuse, débroussailleuse, taille-haie), exposition aux produits phytosanitaires, piqûres et tiques (maladie de Lyme), risques liés aux engins (mini-pelle, broyeur), et conditions climatiques (chaleur, UV, intempéries).
Les jambières anti-coupure sont-elles obligatoires avec une tronçonneuse ?
Oui. Les jambières conformes EN 381-5 sont obligatoires pour toute utilisation de tronçonneuse. Elles arrêtent la chaîne en moins d’une seconde en cas de contact. Votre PPSPS doit mentionner cet EPI pour chaque opérateur de tronçonneuse.
Le Certiphyto est-il nécessaire pour utiliser des produits phytosanitaires ?
Oui. Le certificat individuel Certiphyto est obligatoire pour tout applicateur de produits phytosanitaires. Votre PPSPS doit mentionner le numéro de certificat de l’applicateur et les FDS de chaque produit utilisé.
Comment gérer le risque de tiques dans le PPSPS ?
Prévoyez des vêtements couvrants (manches longues, pantalon dans les chaussettes), un répulsif anti-tiques, une inspection corporelle en fin de journée et un tire-tique dans la trousse de premiers soins. Le risque de maladie de Lyme est maximal d’avril à novembre en zone boisée.
La DICT est-elle obligatoire avant de planter des arbres ?
Oui. La Déclaration d’Intention de Commencement de Travaux est obligatoire avant tout terrassement, même pour planter un arbre. Un paysagiste qui creuse sans avoir vérifié les réseaux enterrés s’expose à un accident grave (électrocution, rupture de gaz).
Comment adapter le PPSPS aux conditions de canicule ?
Prévoyez des horaires aménagés (démarrage tôt le matin), de l’eau fraîche distribuée toutes les 20 minutes (3 litres par personne et par jour minimum), des zones d’ombre, de la crème solaire et des pauses régulières. L’INRS recommande un arrêt des travaux au-delà de 33 °C pour les activités physiques intenses.





